ADNC - Association des Diététiciens et Nutritionnistes Critiques

Note D’intention


L'ADNC nous a été inspirée par le Formindep, un collectif de médecins et professionnels de la santé qui s'est donné pour but de réaliser une veille critique de l'influence de l'industrie pharmaceutique dans le domaine médical depuis 2003 et de militer pour une formation initiale et continue des médecins indépendante de l’influence de l’industrie pharmaceutique.

La qualité de leurs analyses ont été reconnues dans la mesure ou le British Medical Journal, l'un des journaux de médecine les plus prestigieux au monde, a consacré un article à l'une de leurs actions, et que la redoutée Inspection Généreale des Affaires Sociales (IGAS) estime dans l'un de ses rapports que le Formindep constitue l'une des rares sources d'informations médicales indépendantes de l'industrie pharmaceutique et de qualité, avec la revue Prescrire également. Depuis plusieurs années, comme le disent les professeurs Debré et Even (1), les journaux médicaux les plus illustres au monde ont publié des articles écrits par certains des plus grands noms de la médecine académique moderne faisant état de leur extrême préoccupation vis-à-vis de l'influence néfaste de l'industrie pharmaceutique dans le domaine de la médecine.

Quelques titres d'articles évocateurs : "La médecine est-elle à vendre?" (New England Journal of Medecine), "Dans quelle mesure la médecine est-elle corrompue? Réponse : lourdement" (Lancet), "La couleur de l'argent" (Nature), "L'éthique des compagnies pharmaceutiques sape les universités" (Nature), "La ruée vers l'or" (Nature), "Le complexe université-industrie est-il hors de contrôle?" (Nature).

Comme le dit l'universitaire Marion Nestle, spécialiste de l'influence de l'industrie agroalimentaire, cette dernière fonctionne de la même manière que l'industrie pharmaceutique ou du tabac, on peut donc penser que l'industrie agroalimentaire influence grandement le milieu de la nutrition à son profit,  qui est celui de vendre le plus de ses produits et de satisfaire ses actionnaires (2).  Le mémoire de Master que nous soumettons ici à discussion a mis en évidence le fait que cette influence  opérait à différents niveaux :
* dans le milieu de la recherche, en finançant des études qui s'avèrent 4 fois plus favorables à l'industrie que celles qui sont indépendantes.
* en entretenant des relations étroites avec des leaders d'opinion en nutrition qui siègent notamment dans des comités d'expert dans les agences publiques à la base de guides de pratiques  et de standards repris par l'ensemble des diététiciens et nutritionnistes français, comme c'est le cas des Apports Nutritionnels Conseillés et du Programme National Nutrition et Santé (PNNS) entre autre.

* en faisant du lobbying auprès des pouvoirs publics par le biais notamment du chantage à l'emploi pour défendre ses intérêts, et ce jusqu'à l'OMS...

Cette liste n'est pas exhaustive.


Il nous semble important que les professionnels de l´alimentation, et le public, qui se basent sur les recommandations officielles prennent compte de ces facteurs. Comme le dit Marion Nestle : "Je pense que tous les guides alimentaires produits par les gouvernements sont biaisés, parce qu'íls doivent concilier des impératifs de santé et des impératifs économiques, ce qui est très difficile." (3)

Serge Hercberg, qui préside le comité de pilotage du Programme National Nutrition et Santé (PNNS) fait lui-même état de ces pressions : "dans cette lutte bien évidemment qu'il y a des enjeux économiques, alors on le sait pour l'alimentation aujourd'hui, on le savait déjà pour le tabac ou l´alcool, les lobbies sont puissants, les lobbies essayent de déstabiliser, essayent d´utiliser des voies contournées pour essayer parfois de contrer les voix des scientifiques". (4)


Dans l'optique de remplir au mieux leur mission de santé publique, il nous semble donc  incontournable que les diététiciens, nutritionnistes puissent mieux prendre en compte l'influence des acteurs et des intérêts économiques sur leur domaine d'exercice. Nous voulons contribuer à cet effort en mettant à disposition des outils et des analyses critiques pour parvenir à décrire le paysage de rapports de force dans lequel s'inscrit la nutrition en général, et en France en particulier. Nous pensons que ce travail est nécessaire pour clarifier la confusion censée régner dans le domaine de la nutrition, confusion créée et entretenue surtout par l'industrie agroalimentaire d'après Marion Nestle (2).


Les actions menées par le Formindep ont montré que le travail critique devait aussi concerner les instances publiques de santé, comme cela a été le cas avec les recours devant le conseil d'Etat suite aux manquements déontologiques de la Haute Autorité de Santé (HAS) sur ses directives concernant le diabète et Alzheimer. Son directeur, le professeur Laurent Degos, auditionné par le Sénat, a reconnu que les critiques du Formindep avaient été bénéfiques pour la HAS : "Mais je vous remercie beaucoup parce que c’est grâce à ces verges que nous nous améliorons. C’est-à-dire que, nous nous sommes améliorés immédiatement après. Non mais, c‘est vrai." (5)

Cette capacité critique de discernement nous apparaît d'autant plus à mettre en avant à l'heure où certains industriels commencent à revendiquer des actions nutritionnelles en créant par exemple la fondation "Mangez bien pour vivre mieux" chez Nestlé (cf mémoire)

Enfin, l'ADNC se donne pour but d'encourager l'esprit critique parmi la communauté des diététiciens  et des nutritionnistes en proposant chaque année les Journées de la Nutrition Critiques (voir rubrique correspondante), un colloque faisant intervenir des chercheurs de renom  du CNRS, de l'Inserm, de l'Inra et d'ailleurs, des journalistes indépendants, des diététiciens et nutritionnistes et d'autres acteurs, sur le thème "Nutrition, intérêts économiques, et pouvoir politique".    


Nous souhaitons également pouvoir apporter des éléments de réflexions pour encourager l'esprit critique dans la formation initiale et continue des diététiciens et des nutritionnistes, comme il en a été question dans le mémoire de master présenté sur ce site, par le biais d'un espace forum où chacun est invité à participer pour apporter ses témoignages, critiques, réflexions, questions sur les thèmes portés par notre association.      


Afin de garantir la plus grande indépendance de l'ADNC, nous privilégions le financement de nos actions par  les cotisations des personnes adhérants à l'association (cf rubrique adhésion), ainsi qu'eventuellement des financements d'organisme dont nous jugeons qu'ils sont en accord avec nos principes et nos objectifs.

Au plaisir d'échanger et de débattre, avec pour but d'améliorer les pratiques et les connaissances du plus grand nombre en vue des objectifs de santé publique conférés aux diététiciens, nutritionnistes, et professionnels de santé dans leur ensemble.


(1) Pr Bernard Debré, Pr Philppe Even, Savoirs et pouvoir, Le Cherche Midi, Paris, 2005, p.220.

(2) Marion Nestle, Food Politics, Univeristy Press of California, Berkeley and Los Angeles, 2007.

(3)  http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Entrevues/Fiche.aspx?doc=nestle_m_20050606

(4) Citation tirée du documentaire de Philippe Borrel "Alerte dans nos assiette", Dissident Productions et Canal +, 2009

(5) La HAS, le Formindep, et ses verges : http://www.formindep.org/spip.php?article384




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