ADNC - Association des Diététiciens et Nutritionnistes Critiques

Juin 2014


Un article du Canard enchaîné :

MERCI, la malbouffe ! Comme vient de le montrer une très sérieuse étude de la revue médicale « The La
ncet », le nombre d’obèses et de personnes en surpoids sur la planète a presque triplé en trente ans, atteignant aujourd’hui les 2,1 milliards.

Belle coïncidence, Jean-Paul Laplace, l’ancien directeur adjoint de la nutrition humaine à l’Inra (dont il est aujourd’hui directeur de recherche honoraire), également membre de l’Académie nationale de médecine, vient de signer dans la revue du Centre de recherche et d’information nutritionnelles (Cerin), une goûteuse tribune contre les « extrémistes » de l’anti-malbouffe : tous ceux qui pressent l’industrie agroalimentaire d’arrêter de nous gaver en mauvais gras, sucre et sel.

Sous le titre « Laissez-nous manger tranquilles ! » et sur 12 pages, Laplace vitriole le Programme National Nutrition Santé (PNNS), qui entend coller sur les étiquettes des feux tricolores pour que le consommateur puisse enfin repérer d’un seul coup d’œil les aliments industriels les plus nocifs. « Plus on fait peur, plus on rend malade ». La preuve : « Victimes du simplisme qui prévaut dans les croisades de la prévention, des gros heureux sont devenus obèses et malheureux ».

La suppression des distributeurs de friandises et de sodas dans les écoles obtenue par le PNNS ? « Le danger est encore plus grand lorsque certain prétendent "diététiser" les enfants dans un cadre scolaire ». Le sel ? Laplace ressort du placard un antique avis de l’Agence de sécurité sanitaire des aliments, qui date de quatorze ans, et nous explique que la surconsommation n’est pas aussi délétère qu’on le croit. Et peu importe que ledit avis ait été totalement désavoué depuis par une quarantaine d’études…

Non seulement la malbouffe ne nuit pas à la santé de l’humanité, mais, en plus, c’est aux industriels « devenus boucs émissaires que nous devons, depuis plus de trente ans, la mise en marché de produits de qualité adaptés à notre vie moderne ». Ces trémolos n’ont bien sûr rien à voir avec le fait que Laplace a travaillé pour Ferrero, le fabricant de Nutella, a été membre du comité d’experts de la Fondation Nestlé et qu’il préside l’Institut français pour la nutrition, un faux nez de l’agroalimentaire, où l’on retrouve des poids lourds, comme Nestlé France et Coca-Cola, ou encore qu’en 2008 le lobby sucrier, via son Institut, l’a récompensé d’un prix.

C’est également un hasard si sa tribune a été publiée par la revue du Cerin, bras armé de l’industrie laitière. La défense de la malbouffe, c’est du lourd !

Le Canard Enchaîné N° 4884 du 4 juin 2014


Commentaire d'un diététicien sur notre page internet :

Prévention, coup de gueule et conflits d'intérêts:

J'ai reçu un numéro spécial de Cholédoc courant juin, numéro entièrement écrit (12 pages ) par Jean-Paul Laplace. Il y pousse des coups de gueules que je trouve dans un première temps plutôt sympathiques pour une revue financée par l'industrie laitière !
Mais à y regarder de plus près, point de critiques de ce lobby, et en lisant entre les lignes, on y trouve même là un ardent défenseur de cette industrie (pour info je suis amateur de fromages fermiers bio, en vente directe )
Un petit tour sur Internet, le présente comme président de l'Institut Français de Nutrition, je ne sais si c'est toujours le cas. Quoiqu'il en soit, en recherchant déclaration d’intérêt sur doc ANSES, on lit sous son nom " association dont sont membres des sociétés agro-alimentaires auxquelles il est interdire de se prévaloir de leur appartenance à l'IFN" Soit, dont acte, mais rien sur J.P.Laplace.
Autre occurrence ( la première sur Google en fait) le concernant est une page de Nestlé ! Bingo !!!
Donc je résume, un monsieur qui joue les gros bras, à propos d'un PNNS sans doute critiquable, qui instille certains doutes dans son article, qui dénigre beaucoup (bien sûr sous couvert de références irréfutables et scientifiques), qui dénonce "des mesures rigides à l'activité économique" (sans doute celles de Nestlé !), mais qui oublie de déclarer (en tout cas je ne l'ai pas trouvée !) ses conflits d’intérêts.CQFD
Et qui conclut " Libérons nos aliments et nos mangeurs" . Alors je dis chiche : "Libérons-nous des aliments élaborés, prémâches, plein de pesticides, libérons nous de l'industrie agro-alimentaire, et des savants à leur solde, libérons les mangeurs des publicités agressives, des messages incitatifs à l’hyper-consommation"!






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